Mirepoix du 26 avril au 2 mai 2022
Confinée Dehors/ Déconfinée Dedans est une seule œuvre composée en 2 parties:
1 grand cadre noir renfermant 24 selfies de la période du premier confinement et 10 petits cadres blancs permettant à 10 selfies de la période du déconfinement de s’éparpiller dans l’exposition… Les titres de chacune des 2 parties, qui sont des oxymores (figure de style qui vise à rapprocher deux termes que leurs sens devraient éloigner dans une formule en apparence contradictoire) évoquent déjà l’acte de résistance. Ils témoignent de la situation exposée ici de manière inattendue, suscitant la surprise, exprimant ce qui est inconcevable. Ils créent une nouvelle réalité poétique. Ils rendent compte aussi de l’absurde de la situation. La création artistique, qui est dans mon travail de recherche un jeu s’approchant du surréalisme, utilisant la poésie et l’humour, est un moyen qui me permet de résister aux difficultés de la vie.
Confinée Dehors
Passy, Haute-Savoie, Mars Avril 2020
Assemblage de 24 selfies
Pendant les 2 mois du confinement, il a fait très beau. Et comme j’ai la chance d’avoir un jardin, je me suis confinée dehors ! Il faut dire que j’avais été confinée avant l’heure : du 21 janvier au 21 février, je m’étais retrouvée alitée suite à de multiples fractures. Alors le confinement de mars pour moi n’a pas eu le même effet : il m’a donné l’occasion de faire ma rééducation. C’est à cette période que j’ai pu de nouveau bouger, me déplacer, utiliser mon corps, sortir… Or, c’est aussi la période pendant laquelle on nous a dit : « restez chez vous ! ». Toute sortie était dérogatoire, limitée dans le temps et la distance, soumise à des contrôles de police. Mon jardin était une vraie jungle et je suis entrée dans ma haie pour la tailler de l’intérieur, enlever tout ce qui était mort, pour lui permettre d’être encore plus forte, plus belle, lui donner l’occasion de renaitre. Plus je taillais, plus j’avais la place de m’y loger. Dans ma haie, je me sentais protégée, invincible, remplie de l’énergie de la nature, de la force des arbres. J’en suis sortie parfois mais en respectant la contrainte de ne pas me montrer, ne pas être vue.

Déconfinée Dedans
Passy, Haute-Savoie, Septembre Octobre 2020
10 selfies
Après avoir tenté de résister au virus, au confinement, aux règles et aux interdictions, j’ai recommencé, à la fin de l’été 2020, à refréquenter les lieux qui nous avaient été interdits : l’atelier de poterie, la piscine, le cinéma, la bibliothèque, le coiffeur, le musée, le téléférique de l’Aiguille du Midi, la salle de spectacle, le restaurant….
La devise des résistants du Plateau des Glières pendant la seconde guerre mondiale :
« VIVRE LIBRE OU MOURIR »
mais aussi l’inscription figurant sur mon verre de Bourgogne :
« LE PLAISIR COMMENCE ICI »
me sont apparues comme deux phrases clé de cette période si particulière.










In situ:







