Passy, du 24 juin au 31 juillet 2022


Shooting, 2022, Installation
Six kimonos, mannequins, miroir, chaise, guéridon, accessoires de couture, fresque murale, photographies
Dans cette installation Sophie Guyard Jabaud interroge la féminité à travers le vêtement et à travers la mode.
Les différentes tenues exposées ont été réalisées depuis 2014 et portées par l’artiste lors de performances.
Empreinte, 2014, 140X200, encre, pastel gras, terre sur drap
« Chaque nuit, le même rêve revient : Je suis en montagne, sur un petit chemin, dans la forêt. Il fait beau. Soudain, me voilà couchée sur un sol terreux et rocheux. Je ne peux plus bouger. Mes mains se crispent. Mes yeux cherchent le ciel bleu caché par la cime des arbres. J’attends. Je n’ai pas peur. Les éléments naturels s’impriment en moi, l’empreinte reste en moi. L’empreinte de mon rêve sur le drap. C’est une image que je dépose. C’est la réalité. »
Réparation I, novembre 2016, 140 X 200, Gouache, fil, épingles sur tissu
Les travaux d’empreintes de mon corps, ont été réalisés sur un grand tissu dans lequel je peux m’envelopper. J’y laisse des traces de moi. Il est comme un linceul qui garde l’empreinte de ce qu’il a enveloppé, il est aussi porteur de mémoires. Mémoire du moment de la réalisation de l’œuvre, mais aussi mémoire de chaque enveloppement ultérieur.
Réparation II, mars 2017, jersey, coton, bandes plâtrées, velcro
Ce corset de plâtre est un moulage d’une partie de mon corps. Je l’ai transformé de manière à pouvoir l’enfiler et l’enlever seule, sans aide. Lorsque je le porte, je suis enveloppée deux fois. Il est comme une carapace, une armure. Même s’il n’est pas confortable, il me renforce, m’apporte un maintien postural, m’oblige à avoir une autre allure. Lorsque je ne le porte pas, je peux le présenter sur un socle, comme une sculpture. Je lui associe alors le plâtre originaire, celui qui m’a permis la réparation de mes os après l’accident, que j’ai conservé.
Réparations, mars 2017
J’ai réalisé un assemblage de Réparation I et Réparation II afin de constituer mon propre manteau, comme une superposition de différentes étapes de ma réparation. C’est un assemblage amovible, réalisé à l’aide de bandes de velcro. Il me permet ainsi de pouvoir présenter les pièces séparément. Réparations, ce manteau, n’est cependant pas pour moi une seconde peau. Je l’apparente plutôt à un manteau de chamane, qui m’aiderait à quitter un état qui ne me convient pas.
Yukata, novembre 2017
J’avais réalisé dans l’été une grande toile de 293 x 150 cm, résultat d’une performance lors de laquelle je tamponnais des « Mont-Blanc » sur toute la surface, montrant ainsi l’envahissement que cette majestueuse montagne exerce sur moi, mais aussi sur la population qui séjourne à ses pieds. Mon travail sur le Mont-Blanc m’avait amenée à faire de nombreuses recherches sur le Japon, Hokusaï et le Mont Fuji. La fonction symbolique du Kimono m’intéressait. Après avoir cherché comment le réaliser en utilisant uniquement des rectangles de tissu assemblés sans être redécoupés, je me suis lancée dans sa réalisation. Le Yukata est traditionnellement un vêtement d’été, signifiant littéralement « vêtement de douche ». Je choisis ce nom pour une toile réalisée en été. Il ne me restait plus qu’à habiter ce Yukata. Il fût à l’origine de nouvelles performances ayant pour objectif de montrer l’envahissement exercé par le Mont-Blanc et de rappeler à la population qu’il ne faut pas oublier l’environnement, la pollution de l’air et la fonte des glaciers étant deux catastrophes écologiques touchant le Pays du Mont Blanc.
Ambilly, août 2019, tissu, encre, pastel gras, acrylique
Lors de la semaine de résidence artistique à l’Atelier au Cube, nous sommes allés à la rencontre des habitants du quartier pour les questionner sur leur vie à Ambilly. Ils nous ont raconté des souvenirs, parlé de leur ressenti, de leur vie d’hier et de celle d’aujourd’hui, montré des photographies. J’ai alors cherché le moyen de restituer les paroles que nous avions entendues et de permettre à d’autres personnes de s’exprimer elles aussi. J’ai réécouté tous les enregistrements et sélectionné quelques phrases caractéristiques des ressentis des habitants interviewés. J’en ai écrit certaines à la main sur un grand panneau destiné à être installé sur la voie verte lors de la journée du 6 octobre : Le Mur d’expression Ambillien. Pour présenter cette performance participative et inciter les passants à participer, je me suis confectionné un kimono rassemblant quelques éléments importants de cette ville : les immeubles en construction, les grues, les maisonnettes plus anciennes, la végétation abondante. J’ai travaillé des impressions par frottage ou par tamponnage à partir d’éléments naturels et de tampons que j’ai fabriqués avec du lino.
Romaine, avril 2022, tissu, markers permanents
Lors de ma résidence à la MJC Centre Social Forum des Romains à Annecy, j’ai proposé aux personnes fréquentant le jardin partagé de la Solidarité, de dessiner sur un grand tissu placé comme une nappe sur la table : dessiner le jardin. Adultes et enfants ont pris un grand plaisir à se laisser aller avec des feutres pour créer cette œuvre collective. Lorsque la surface a été remplie, j’ai réalisé quelques coutures sans recouper le tissu afin de confectionner une toge romaine que j’ai portée lors d’une intervention pour la fête des jardins le 4 juin 2022.
Junihitoe, mai 2022
Ma pratique de la performance s’accompagne toujours de la création d’une tenue que je porte à cette occasion. Celle-ci est généralement créée avant l’élaboration de la performance. Le Junihitoe est un kimono de cérémonie composé d’une superposition de kimonos et d’une traine. Pour célébrer les dix ans de l’Angle, j’ai confectionné ma tenue en utilisant dix kakemonos annonçant dix expositions au cours des dix dernières années. Mon junihitoe est composé de dix pièces : un sous vêtement, 4 kimonos, un hakama, une traîne (mo), une ceinture avec poche, une bourse contenant les incitations, et un tatoushi pour ranger le tout. J’y ajoute une ombrelle sur laquelle figurent les noms des 48 artistes, pour me protéger du soleil.


Shooting, 2022, performance participative:
J’ai invité le public à se vêtir de mes « manteaux » et à se faire photographier dans l’espace d’exposition. Les photos, développées immédiatement à l’aide d’une petite imprimante Polaroïd, sont ensuite collées sur une fresque murale « Mont-Blanc ».














